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La part de l'autre, Eric-Emmanuel Schmitt.

Après avoir fini ce livre, j'ai demandé à mes parents de m'offrir L'évangile selon Pilate et Diderot ou la philosophie de la séduction pour Noyel. C'est dire combien j'ai été passionnée durant ma lecture...Mais trève de suce-panse, un petit extrait pour se faire une idée :

Extrait du premier chapitre :

_ Adolf Hitler : recalé.

Le verdict tomba comme une règle d'acier sur une main d'enfant.

_ Adolf Hitler : recalé.

Rideau de fer. Terminé. On ne passe plus. Allez voir ailleurs. Dehors.

Hitler regarda autour de lui. Des dizaines d'adolescents, oreilles cramoisies, mâchoire crispée, le corps tendu sur la pointe des pieds, les aisselles mouillées par l'affolement, écoutaient l'appariteur qui égrenait leur destin. Aucun ne faisait attention à lui. Personne n'avait remarqué l'énormité qu'on venait d'annoncer, la catastrophe qui venait déchirer le hall de l'Académie des beaux-arts, la déflagration qui trouait l'univers : Adolf Hitler recalé.

Devant leur indifférence, Hitler en venait presque à douter d'avoir bien entendu. Je souffre. J'ai une épée glacée qui me déchire de la poitrine aux entrailles, je perds mon sang et personne ne s'en rend compte? Personne ne voit le malheur qui me plombe ? Suis-je seul, sur cette terre, à vivre avec autant d'intensité? Vivons-nous dans le même monde?

L'appariteur avait fini la lecture des résultats. Il replia son papier et sourit dans le vide. Un grand type jaunâtre, sec comme un canif, des jambes et des bras raides, interminables, maladroits, presque indépendants du tronc et retenus par une attache incertaine.

Il quitta l'estrade et rejoint ses collègues, la besogne achevée. Pas du tout le physique d'un bourreau mais la mentalité. Persuadé d'avoir énoncé la vérité. Un crétin du genre à avoir peur d'une souris mais qui, pourtant, n'avait pas hésité à prononcer calmement, sans trembler une seconde :"Adolf Hitler: recalé".

 

Mon avis:

Intriguée à la  fois par le sujet, et par le titre, je me suis décidée à acheter ce livre. D'autant plus que j'en avais entendu que du bien, parmi le peu que j'en avais entendu. Me voila donc avec un pavé entre les mains. Le sujet qui y est traité est tabou. J'avais peur de tomber dans une oeuvre facile, clichée, juste un roman, en somme. Mais sous la plume d'Eric-Emmanuel Schmitt, l'on voit vivre un Adolf H. imaginé, imaginaire, tel que l'auteur philosophe le conçoit, et Hitler, le dictateur que le monde a connu. 

C'est à partir de la seconde décisive de l'acceptation ou du refus d'Adolf Hitler que tout se joue. C'est le premier déclic.  

Les deux personnages évoluent chacun de leur côté, et leur histoire est narrée d'un paragraphe à l'autre. Ce parallèle aurait pu être casse-gueule pour l'auteur, car délicat à gérer (jongler constamment entre l'Histoire et la Fiction), mais Eric-Emmanuel Schmitt s'en tire très bien, et même mieux : il domine son sujet.

Son roman-bio-fictif (ah qu'il est laid ce néologisme!) est une réussite et est en outre très bien documenté. Le plus difficile là dedans, n'est pas de plonger dans la lecture (ah que j'ai aimé le style d'écriture !) mais de s'interroger sur tout ce que cette lecture nous amène. En effet, la part de l'autre ce n'est rien de plus que les choix que nous faisons, la façon dont nous sommes avec nous-mêmes et les autres. Le tour de maître était de pointer du doigt le fait qu'un monstre n'est pas ce qu'il est de façon intrasèque, mais est le produit de circonstances et de son libre arbitre et de sa libre interprétation des choses qui lui arrivent. Comme vous, comme moi. L'auteur cherche à comprendre comment Hitler est devenu Hitler et non pas Adolf. C'est creuser les méandres de notre esprit, appuyer là où ca fait mal. Et ca fait mal parfois de se reconnaître en le personnage (car même si l'histoire d'Hitler - celui ayant vécu, pas le fruit de l'imagination de l'auteur - se base sur les faits, il n'en reste pas moins que ce qu'il pense et la façon dont s'est dit est le travail de l'auteur, et donc le rend "personnage" quelque part) : lui aussi était hypocondriaque car était un grand anxieux qui ne supportait pas la perte de contrôle. Ouch. Retrouver de nos traits d'humains dans celui que l'on considère comme inhumain, est troublant au possible. D'ailleurs dans le Journal du livre, à la fin, l'auteur nous raconte combien il a été difficile pour lui d'écrire la part de l'autre car cela l'obligeait aussi à regarder à travers ses propres yeux qui il était. Mais le plus dur là dedans, c'est d'éprouver certainement de la pitié, dans la même proportion que la haine que l'on peut nourrir à l'égard d'Hitler, pour lui. La fin du livre n'est pas évidente du tout, à ce propos là. 

La part de l'autre, c'est comme une plongée en apnée sur nous mêmes, nos choix, notre façon d'être. Si nous sommes tels que nous sommes aujourd'hui, c'est parce que nous avons vécu ce que nous avons vécus, et avons fais les choix qui sont les notres. Nos remises en questions nous ont façonnés, de la même façon que l'absence totale de remise en question d'Hitler a fait de lui ce qu'il a été. Il ne s'agit ni plus ni moins d'une étude quasi éthnologique sur la façon d'être humain, et la part obscure qui appartient à tout un chacun.

Un livre passionnant tant par le regard porté par l'auteur sur la vie d'Hitler, et celle imaginée d'Adolf H. (fort sympathique celui imaginé, ce qui est assez désagréable, en fait), que par la finesse d'écriture de l'auteur. Je pense que l'on aime ou l'on déteste (comme je l'ai déjà dit, c'est un sujet plus ou moins tabou, voire même plus que moins), mais il n'est à mon avis, pas possible de rester indifférent face à ce genre d'oeuvre, percutante tout autant qu'elle prête à réflexion, et nous pousse à nous demander aussi ce qui fait notre humanité. 

Mon avis est chaotique, il y en a de biens meilleurs sur Internet, alors n'hésitez pas à les consulter pour vous faire une meilleure idée, mais je pousse vivement à dévorer ce livre qui m'a tenue en haleine durant toute la semaine passée.  

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Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir, Sylvie Testud.

Je ne connaissais l'actrice que de nom, me voila à lire son bouquin, qui m'a donné envie de voir les films dans lesquels elle a joué donc. La boucle est bouclée.
 
Extrait du premier chapitre : 
 
Admise au Conservatoire ! Admise au Conservatoire ! Admise au Conservatoire ! 
Comme dans une chappelle, cette phrase résonne.
Sylvie est admise au Conservatoire.
Ils ont tous fait le Conservatoire les grands.
Le "Conse". C'est comme ça qu'on dit.
On dit le "Conse".
La liste des anciens élèves est à tomber à la renverse !
 
C'est la rentrée au Conse.
2 bis, rue du Conservatoire Paris 9ième.
Le monde entier rêve d'entrer au Conse.
L'entrée du Conse est splendide.
Il faut vérifier sur les listes quand même.
On ne sait jamais...S'ils avaient changé d'avis.
"Ils", c'est eux.
Ceux qui ont fait le Conse. Maintenant, ils y enseignent, ils y décident, ils sont membres du jury.
Si "eux" ils disent non, tu rentres pas au Conse.
Ouf ! Mon nom et mon prénom sont là, toujours à la même place.
 
Ils vont tout dire aux élèves pour que les élèves soient des bons acteurs de des bonnes actrices qui vont un jour jouer avec des bons metteurs en scène dans des bonnes pièces et des bons films.
 
Mon avis :
 
14 chapitres pour ce livre court (à peine 200 pages), Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir est un livre qui se lit rapidement. Je me suis tantôt ennuyée, tantôt amusée à la lecture. Mais l'ennui est ce qui a prédominé le plus. Le style révèle une certaine fraicheur, loin des phrases redondantes de certains auteurs (ah ce Proust alors) dont on ne sait jamais quand est-ce qu'ils vont mettre un fichu point à cette fichue phrase qui n'en finit pas,  il y a un petit côté naïf (qu'on remarque dès les premières phrases du livre, voir l'extrait) qui n'est pas sans rappeler le Petit Nicolas. Je préfère le style Sempé-Goscinny que le style Testud. En effet, j'ai vite été lassée par l'écriture, même si le sujet m'a fortement intéressée (à savoir, les dessous de la vie d'acteur, et c'est pas aussi paillettes qu'on ne veut bien le croire de l'autre côté de l'écran noir ! La vie de Sylvie Testud telle qu'elle nous la narre n'a rien d'une vie de débauche, mais c'est une vie de forçat, à travailler dans des conditions parfois proches de l'impossible). Néanmoins, je vous conseille ce livre, notamment pour le dernier chapitre, que j'ai trouvé très fort. Dommage qu'on ne puisse pas en dire autant du reste du livre...Mais un dernier chapitre excellent, à l'heure où je trouve que beaucoup de films / livres s'achèvent de façon complètement chaotiques, relève quand même le niveau. Un livre apprécié, mais qui ne restera pas longtemps sur mes étagères.
 
 

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Snoopy et les Peanuts : 57 ans, et pas une ride !

L'oeuvre de Charles M. Schulz m'a toujours émouvue (j'invente les mots que je veux) au plus haut point.
Je trouve cela à la fois tendre, cruel, drôlement vrai et vraiment drôle, touchant et poétique.
 
Mon premier souvenir avec Charlie Brown remonte à notre installation toute récente dans la nouvelle maison de ma famille. Je ne devais pas avoir dépassé les dix ans. Il s'agissait d'un dessin-animé Snoopy qui était en bonus sur une VHS (c'est dire si c'est récent !) d'un autre dessin animé sur des chats que commentait Bernard Minet à la fin (il me semble, mais là, c'est vraiment flou pour la myope que je suis).
 
J'avais beaucoup aimé, même si aujourd'hui je serais incapable de vous raconter de quoi ca parlait.
Mais surtout, ce qui m'a toujours fait craquer, c'est la bouille de Snoopy. Si il y a bien un chien que j'aime, c'est ce beagle totalement déjanté, dont la folie douce m'a charmée de suite.
Qui dit Snoopy, dit aussi l'incroyable merchandising qu'il y a autour : peluches (de plus en plus hideuses et de moins en moins ressemblantes à Snoopy), vêtements, gadgets divers, posters...
Même les soldats américains faisaient graver Charlie Brown sur leur zippo pendant la guerre du Vietnam.
 
Snoopy a été une icone au même titre que Marilyn Monroe.
Pas les mêmes formes, pas le même fond, mais la même notoriété.
 
Plus tard, j'ai commencé à emprunter quelques BD dans la bibliothèque municipale de la petite commune de ma grande tante. 
 
Puis encore plus tard, après avoir collectionnée quelques peluches (ah Lydia, que ton grand modèle me manque :D), et autres dérivés (tirelire, cadre-photo, figurines...), je me suis remise à lire Snoopy. C'était lorsque je bossais en librairie.
 
Et c'est d'ailleurs à ce moment là que j'ai vu qu'était éditée depuis tout récemment (deux ans) la collection des strips et pages du dimanche de Snoopy et les Peanuts, depuis leur création en 1950, jusqu'à la mort de leur scénariste-dessinateur en 2000.
50 ans...50 ans d'un chef d'oeuvre édité dans un format à l'italienne mignon comme tout, sur un papier de qualité, et agrémenté des préfaces de personnages non moins célèbres que Charles M. Schulz (dont le créateur des Simpson, Matt Groenning).
 
Quel bel hommage! Et quelle superbe découverte !
Le tome 4 est sorti tout récemment, et toujours autant d'émerveillement...
 
Je crois que jamais comic strip (parmi le peu que je connaisse, car je suis loin d'être une spécialiste du genre), n'aura jamais autant su concilier à mon sens simplicité du trait (très brouillon dans la façon de faire les cheveux par exemple, et chiffonné), finesse des émotions et différents styles d'humour à la fois (comique de répétition - même si c'est lourd parfois - avec Lucy qui retire toujours le ballon de sous le pied de "ce bon vieux Charlie Brown, humour par l'absurde, humour plus enfantin...). Charles M. Schulz a su faire d'un personnage commun (Charlie Brown) et d'un chien banal, des êtres intemporels, secoués par des anecdotes et interrogations sur la vie et son sens entre autre, qui les rend à tout un chacun, parlant, car proches de nous. L'entourage des deux protagonistes n'est jamais en reste : chacun à son petit caractère propre qui ne cessera de s'affirmer au fil des années.
Ce qui me frappe le plus dans Snoopy et les Peanuts, c'est que les aventures (ou plutôt anecdotes) vécues par les personnages sont loin d'être toujours gaies et pourtant, même comme cela, on peut en tirer un sourire. 
 
Le seul bémol dans tout ça : la collection répértorie les strips par année...4 volumes disponibles pour le moment, mais pour retracer 50 ans de carrière il va falloir plusieurs années pour que tout soit édité ! Et qui dit belle collection, dit joli prix, et qui dit plusieurs années, dit attente...Or je suis trop impatiente.
 
(image prise sur Bdecouvertes.com)
 
 

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"Peut-on être français ?", Chadortt Djvann.

Résumé : Roxane est irannienne. Elle arrive en France, à Paris un beau jour. Elle réalise enfin son rêve : quitter l'Iran et vivre en France. Oui, mais pour être français, il faut - selon elle - parler français. Roxane va donc s'atteler à apprendre le français de toutes ses forces, pour cesser d'être iranienne.

Mon avis : Chahdortt Djavann est irannienne. Elle arrive en France, à Paris un beau jour. Elle réalise enfin son rêve  :quitter l'Iran pour vivre en France.

Etrange comme Roxane et Chahdortt Djavann se ressemblent. Je connaissais déjà Chahdortt Djavann pour avoir lu le pamphlet qui l'a fait connaître : "Bas les voiles !", que j'avais déjà très apprécié à l'époque. Le style était efficace, touchait les faits plus que ne cherchait à toucher le pathos. Ce même style, nous le retrouvons dans "Peut-on être français ?".

Il faut savoir qu'à son arrivée en France, l'auteure ne savait pas parler français, comme Roxane. 

Pour quelqu'un dont le français n'est pas la langue maternelle, je trouve qu'elle manie la plume avec bien plus de cette délicatesse brute que j'apprécie tant, que nombreux auteurs autochtones. J'aime son style, le tournure de ses phrases, sa façon de raconter les choses.

J'admire son combat, sa force et sa prise de position face aux régime islamique de l'Iran. Je la trouve très courageuse et c'est aussi pour cela, que j'achète ce qu'elle écrit. C'est une façon pour moi de "soutenir" son combat. En la lisant, et en écoutant ce qu'elle a à dire, sous forme d'essai ou de roman, comme c'est le cas de "Peut-on être français?".

Car de roman, ce livre n'en a que la forme, en réalité il s'agit d'une véritable étude comparative et engagée de la France versus l'Iran. La narratrice enchantée de son arrivée en France et de l'apprentissage de la langue au début, plonge de plus en plus dans la mélancolie et dans une sorte de "schizophrénie" culturelle, lorsqu'elle se rend compte qu'elle est étrangère partout (en Iran comme en France) et qu'elle ne vit que dans l'ombre de son passé, qu'elle a beau être en France, son esprit est en Iran. Elle sombre alors dans un profond malaise et s'échappe de sa vie en écrivant à Montesquieu, son mentor. Les lettres que Roxane "échangera" avec l'auteur des "Lettres persanes" seront à la fois un exutoire mais aussi seront prétexte à débattre sur la question de l'Iran et son régime et de la France, qui n'est pas non plus épargnée, de même que le Monde occidental, que Roxane - et donc Chahdortt Djavann - voit comme le lieu de toutes les solitudes, et un monde hypocrite soutenant ces mêmes pays dont ils déplorent l'Islamisme. Personne n'est épargné, tout le monde en prend pour son grade, et Roxane comme de nombreux iraniens et iranniennes encore aujourd'hui, font les frais de tout cela.

Ce roman engagé tend à dénoncer.

Ce roman m'a terrifiée, m'a émue, et comme toujours sous la plume de Chahdortt Djavann, m'a fait réfléchir. Elle est une de ces auteures qui ne laissent pas indifférents, car ils n'ont pas peur de prendre position. A nous de prendre position à leur côté, ou se positionner contre. Mais le pire serait de ressortir du monde de Chahdortt Djavann dans la plus parfaite indifférence...Ou de passer à côté de ces oeuvres. 

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"Vous plaisantez, monsieur Tanner", Jean-Paul Dubois.

   
Résumé : Monsieur Tanner hérite d'un cadeau empoisonné à la mort de son oncle : une maison. Une maison qui ne tient que par la force du Saint Esprit. Et monsieur Tanner de vendre sa propre maison pour se lancer à l'aveuglette dans ce vaste chantier qu'est la remise sur pied de cette maison. 
 
Mon avis: Pris un peu à l'aveuglette aussi (pour profiter de deux livres "Point" acheté, un offert), ce livre se révèle être une bonne surprise. Tant par l'histoire en elle-même (savoureuse !), qui ne se lit pas mais se dévore (j'ai beaucoup aimé le principe des chapitres minuscules - 1 page, voire trois ou quatre maximum chacun) tellement l'écriture est fluide mais pas dénuée de caractère. En outre, c'est un livre court, qui se lit en quelques heures à peine.
Jean-Paul Dubois se révèle être un très bon portraitiste : nul trait n'échappe à son oeil lorsqu'il décrit cette galerie de personnages (maçons, fumistes, zingueurs, plombiers en tout genre) qui se succèdent et font le fil conducteur du récit. 
Le récit est léger, et très amusant (j'ai beaucoup ri tout au long du livre) : tout est dans le style.
 
Et du style, Jean-Paul Dubois n'en manque pas à en juger par cette oeuvre (et les nombreux prix qu'il a reçu, apparement), qui marque le début d'une belle histoire avec cet écrivain (mais journaliste de métier), pour la lectrice que je suis.
 
En deux mots comme en un ordre : lisez-le. 

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99 F, côté livre.

Résumé : Octave Parango est publicitaire. Fortuné autant que drogué, il souhaite dénoncer son travail en écrivant un roman, et mettant à nue sa vie. 
 
99 F version papier je pourrais le décrire comme cela: tout aussi prenant que le film. Au début.
Mais rien à voir. Le livre et le film qui s'en est inspiré sont vraiment différents. Je ne peux pas dire que j'ai préféré l'un par rapport à l'autre, car chacun a son charme (si seulement on peut parler de charme).
 
En revanche, j'ai trouvé dommage que plus le livre avançait, plus le fil était décousu, et plus le fil était décousu, plus on se perdait dans la lecture. J'explique : au début du livre, on se délecte des situations, des phrases (c'est quand même un style celui bobo-rebelle-chic-et-cynique qui chatouille juste là où il faut pour nous faire rire peu forcé pour ensuite mieux faire la grimace). Puis plus le livre avance, plus c'est attendu, les tournures sont jolies certes mais convenues. 
 
Du coup je suis ressortie un peu lasse, un peu ennuyée de la monotonie dans laquelle tombe le livre, au fur et à mesure que la vie d'Octave elle, va creshendo dans la destruction puis la reconstruction (ou tentative de).  
 
C'était ma première fois avec Beigbeder, certainement pas la dernière, mais un avis quand même mitigé à la sortie du livre. 
 
En fait, je m'attendais à un style plus percutant. 

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Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire. Q-Ta Minami.

Comme une brise légère.

Voila ce que m'évoque la lecture de Mlle Ôishi.

28 ans célibataire.

29 ans célibataire.

32 ans célibataire.

Puis finalement, 32 ans, mariée.

Quatre tomes seulement pour cette série, fraiche tant au niveau du chara-design (un peu maladroite, un peu naïf, mais finalement très dans le ton de la série, les cases sont bien découpées, le tout se lit très facilement et se regarde très agréablement), que de l'histoire.

Mlle Ôishi, c'est une demoiselle nippone moderne. Quand on la rencontre pour la première fois, elle s'apprête à se marier avec Henmi, récemment divorcé. 

Puis nous vivons avec elle au quotidien, puis semaines après semaines, et les années passant, sa vie sentimentale, amicale et professionnelle.

Bref Mlle Ôishi c'est un peu vous, moi, n'importe quelle jeune fille un peu rêveuse, qui doit passer à l'âge adulte en faisant des choix, et par les rencontres qu'elle fait.

Mlle Ôishi, c'est une belle histoire, sur plusieurs années étalées. C'est triste, c'est touchant, émouvant, joyeux...

Mlle Ôishi, est un manga qui DOIT être lu, je ne connaissais pas Q-Ta Minami, mais j'espère bien pouvoir lire d'autres de ces oeuvres tellement j'ai aimé... 

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In the clothes named fat, Moyoko Anno.

Mapo en parle autrement mieux que moi, lisez donc son article, qui se trouve ici.

J'ai constamment oscillé entre une tristesse profonde pour l'héroine, et une envie de la baffer assez puissante, car pour reprendre les termes de Mapo; Noko bien que desservie à la base par son physique reste néanmoins la seule artisane de son malheur.

Je n'ai pas tellement accroché sur le graphisme en soi, et j'ai trouvé le tout un poil trop dénué d'humour (après tout, même dans les drames un peu d'humour ne fait pas de mal), mais l'histoire m'a touchée surtout que je la trouve très d'actualité.

Pour tout vous dire, j'ai lu ce manga comme un roman en quelque sorte. J'ai rarement prêté attention aux images en elles-mêmes pour me focaliser uniquement sur les bulles. J'ignore pourquoi, mais c'est comme si mes yeux voulaient se détacher de l'esthétisme pour vraiment comprendre dans les mots, les maux de cette jeune femme complexée au point de se ficher en l'air toute seule, parce qu'elle ne sait pas être celle qu'elle est, avec ou sans son surpoids.

C'est l'histoire d'une fille qui se pense habillée de graisse, d'une fille mal dans sa peau, une histoire qui mérite d'être lue, même si parfois cela tombe un peu trop dans les clichés à mon goût (bien que je pense que ce soit un parti pris de l'auteure plus qu'une réelle faiblesse dans l'oeuvre).

 

 

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Homunculus, Yamamoto Hideo.

Ou comment je continue sur ma lancée Seinen, tant qu'on y est.

Et pour le coup ce manga est autrement plus perturbant que Leviathan : il traite de l'inconscient même.

Allez pour une fois le pitch : M. Nakoshi est un trentenaire, il vit dans sa voiture. Ni SDF ni salarié, il vit entre deux mondes depuis quelques jours, nous ignorons pourquoi. C'est alors que tadaaaam (je fais bien le tadaaaam, non?) un gars sorti de nul part au look de junkie lui propose de se faire trépaner moyennant de le rémunérer 700 000 yens. Offre pour le moins étrange et alléchante à la fois. M. Nakoshi accepte, sans savoir exactement de quoi il retourne...Et se retrouve doté d'un sixième sens lui permettant de voir les distorsions psyshiques de ses semblables, leur inconscient projeté sur leur corps.

Bref totalement space, et surtout très freudien, les allusions au sexe sont légions tout au long des six volumes déjà disponibles dans nos contrées.

Le dessin est clair, soigné, précis, chirurgical presque, mais toujours très beau surtout dans les expressions du visage qui sont très vivantes.

L'intrigue est lente, profonde, le tout est totalement dénué d'humour, et le scénario nous fait tomber dans le psychédélisme le plus total. Folie, illusions, réalité ? Et surtout le fait que tout tourne autour de l'Inconscient, du Ca est plutôt captivant, même si relativement effrayant (car les formes qu'il prend dans le manga et dans la vie en général sont loin d'être idylliques).

Bien sûr ce seinen n'est pas à mettre entre toutes les mains: certaines scènes (voire allez un bon volume complet) sont carrément choquantes, car crues, j'étais d'ailleurs assez mal à l'aise à leur lecture, et ce même sentiment a été ressenti par plusieurs lecteurs si l'on en croit certains commentaires sur divers forums. 

Mais si l'on prend le parti de pousser plus loin l'intrigue et vouloir suivre M.Nakoshi jusqu'aux tréfonds de son âme, il faut assurément lire ce manga à la finesse rare, et bien loin d'un Naruto totalement fade (parce que c'est gratuit - j'aime pas Naruto - et qu'il me faut bien une chute). 

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Leviathan de Eiji Otsuka et Yû Kinutani.

Alors que ceux qui n'aiment pas la mangasse lèvent le doigt que je les fouette ! Ou alors qu'ils se dispensent de la lecture de cet article qui ne les intéressera pas ;) (quoique?)

Que ceux qui n'aiment pas le gore, le fantastique et que sais-je encore (comme par exemple La Nouvelle Star), prennent leurs jambes à leur cou (dans le sens figuré du terme, c'est pas parce que je parle manga gore que je vous menance d'extinction, hein).

Pour les autres vous pouvez rester tranquillement à lire cet article autour d'un bon café (et surtout d'un Ferrero Rocher, me concernant dans l'instant).

Bref.

Leviathan, kessdonkèsse ?

C'est un manga, déjà.

Un seinen, en outre. Pas la peine d'expliquer, les zoz'Otakus comprendront (sinon y'a notre ami Google qui vous aidera).

Voila pour la Forme.

Pour le Fond...Pour le Fond, j'ai déjà plus de difficultés à pouvoir vous expliquer ce qu'est Léviathan. Sujet-verbe-complément conviendraient très bien pour cette manoeuvre, alors voila : ce seinen m'apparait comme totalement surréaliste et troublant, autant dans les thèmes traités (plus ou moins choquants), le scénario (tarabiscoté et surtout très prenant), le chara-design (très soigné, même si parfois les corps sont un poil de cul disproportionnés), et l'humour (totalement en décalage par rapport à la violence de certaines scènes).

Je pourrais en rajouter trois couches et faire ma puriste en vous citant les autres oeuvres pour lesquelles ont déjà travaillés Eiji Otsuka et Yû Kinatani. Ou encore vous en faire un résumé. Mais comme je le dis souvent : le Web est bien assez vaste pour trouver ce genre d'informations, et seul mon avis compte (comment ça, mes chevilles? :p) quand je parle d'une oeuvre, parce qu'après tout j'ai pas que ça à faire des résumés.

En revanche mon avis est que pour peu que les histoires policières doublées d'une touche (voire d'une grosse couche) de magie, de mysticisme et de fantastique vous intéressent, vous serez comblés par Leviathan...Dont j'attends de pouvoir lire la suite (j'en suis qu'au volume six) avec une impatience non dissimulée !

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