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Le standard.

Parce qu'à Gibert nous sommes Caissière A Tout Faire.

Et qu'en plus ça rime.

Or donc, chaque caisse possède un téléphone, qui est un standard. Ce qui nous fait trois téléphones, pour trois caissières (qui encaissent, donc entre deux coups de fil), pour je ne sais quelles dizaines (voire la centaine dans les bons jours?) de clients qui appellent.

Alors on s'y fait très vite au standard : "Gibert Lyon, bonjour !" et puis on attend que le client fasse sa demande (de quoi d'ailleurs ? Lui même le sait très peu en général).

Ensuite il faut s'habituer à ce qu'on appelle les "transferts". Donc comme son nom l'indique le transfert c'est lorsqu'on transfère un appel émis au standard, vers le téléphone d'un vendeur quelconque en rayon.

Enfin quelconque, quelconque...pas si quelconque que cela, c'est bien pour ça que chaque rayon à son (ou ses en fonction de son importance) vendeur(s) attitré(s).

Donc quand un client nous demande un rayon - littérature par exemple, ou évoque quelque chose de flou susceptible d'être dans un rayon - Proust donc, histoire de faire toujours dans le rayon littérature, nous transférons l'appel vers ledit rayon.

Souvent, l'appelant est tout guilleret ("Ah bonjour, je vous appelais pour un renseignement !") et lorsque nous lui demandons quel rayon celui-ci désire joindre, pour ensuite renchérir que "très bien Monsieur, Madame, je vous passe le rayon littérature", le ton est de suite plus renfrogné ("ah...merci...").

Bien sûr, il y a les irréductibles têtus, qui lorsque nous annonçons le fatidique "très bien Monsieur, Madame, je vous passe le rayon littérature", insistent : "non mais vraiment, vous ne pouvez pas me renseigner ?". A ceux-ci j'ai toujours eu la furieuse envie de répondre: si en fait je pourrais vous renseigner, mais j'ai pas envie, votre voix ne me revient pas. C'est vrai quoi.

S'ensuite alors une courte (très souvent) joute toujours respectueuse (quand même) verbale : de mon côté j'insiste pour dire que je suis à la caisse et donc dans l'impossibilité de pouvoir répondre à la demande que l'on me fait, que je ne suis pas vendeuse en rayon littérature et que je ne connais donc pas les titres disponibles, à quel prix, pas même que je peux faire une commande ou telle autre demande (tiens, bancale cette phrase, l'auteure s'auto-excuse). Très souvent, l'insistance du client, de même que son incompréhension (compréhensible au demeurant, car j'avoue que c'est quand même particulier l'organisation de cette entreprise), persistent, mais finalement il capitule, et le rayon littérature prend le relais, le temps de transférer l'appel.

La standardiste a vaincu.

Nous avons quand même quelques colériques, surtout parmis ceux qui veulent revenir pour revendre leurs livres, et ne comprennent pas qu'à la caisse on encaisse et qu'on ne peut absolument pas leur dire quel livre est susceptible d'être racheté ou non, car tout est informatisé, qu'il nous faut le code barre, et que même si "mais si vous voulez je vous les dicte!" (à ceux-ci j'ai envie de leur dire qu'ils viennent s'amuser derrière la caisse à taper manuellement chaque code barre qu'on leur dicte dans la journée), rien à faire, non c'est non, il existe un service achat et la caisse est une caisse, pas le service achat, donc "je vous prie de m'excuser Madame, mais il m'est vraiment impossible de vous donner une autre réponse que celle que je vous ai déjà faite : il faut venir vous même avec vos livres, et c'est sur place que nous déterminons les achats".

Il y a les appelants que j'adore, ceux qui connaissent le standard, connaissent bien la boîte, ou ont bien retenus les indications des vendeurs lorsque ceux-ci demandent à ce qu'on les rappellent, j'ai nommé les appellants-qui-savent-vraiment-où-ils-veulent-être-dirigés : "Bonjour, je vous appelle car j'aimerai avoir le rayon littérature s'il vous plait".

Là c'est un bonheur d'une part parce que l'appel est court (moins de vingt secondes) et que donc on peut encaisser tranquillement (parce qu'après tout, c'est ce pourquoi je suis payée), mais aussi parce que je suis vraiment une quiche au téléphone.

Ce qui est amusant c'est que mine de rien, même en quelques secondes téléphoniques, on peut déjà cerner certaines choses chez l'interlocuteur. Je pense à cette dame qui nous appelait, et dont j'entendais pas la moitié de ce qu'elle me disait, car un môme arrêtait pas de pleurer derrière et que l'on entendait un autre lui crier dessus (au môme qui pleurait, pas à la dame). Ou encore au bruit de la rue que l'on entend derrière.

Enfin, pour terminer, j'ai quand même quelques perles à partager avec vous, bien sûr elles ne sont pas aussi savoureuses sans vécu, mais à mes yeux elles valent leur pesant d'or :

Client n°1 : "bonjour, vous vendez des articles ?"

(non, mais maintenant que vous le suggérez, on l'envisagera peut être à l'avenir !)

Client n°2 : "bonjour, je suis bien chez Planète Saturn.

Réponse négative bien entendu. Mais le meilleur reste  à venir : " et vous n'auriez pas leur numéro par hasard ?"

(il nous a certainement confondu avec les pages jaunes)

Concernant le client n°3 (qui arrive d'ici quelques mots), il faut savoir que lorsque vous appelez la boutique, avant que quelqu'un décroche, un disque se lance et énonce les adresses et horaires d'ouverture de la boutique.

Client n°3 : bonjour, je vous appelais pour avoir vos horaires d'ouverture.

Ce à quoi je réponds 10h-19h15 sans interruption, du lundi au samedi (parce que j'ai bien appris ma leçon).

Et le client n°3 de répondre : ok, c'était pour être sûr que ceux du disque n'étaient pas erronés.

(un premier avril toute l'année, ce serait un peu lourd...) 

Le client n°4 qui va suivre était certainement un peu schizo (ou avait la maladie d'Alzheimer, au choix).

Client n°4 : Bonjour...Euh...je voudrais vendre ma collection de euh...Dragon Ball, et je voudrais savoir si vous les ....euh...rachetiez ?

Alors là, laïus habituel, puis l'appel se termine.

Une à deux heures plus tard, le même : Bonjour...Euh...je voudrais vendre ma collection de euh...Dragon Ball, et je voudrais savoir si vous les ....euh...rachetiez ?

Histoire de ne froisser aucune suscepitbilité, j'ai fais mon idiote, et j'ai réitéré mon premier laïus. On sait jamais d'ici à ce qu'il s'agisse d'un toqué qui ait besoin de répéter le même rituel deux fois de suite pour se sentir mieux !

 En fait, ca ne fait que quatre perles, mais personnellement, je ne m'en lasse pas ! (Qui a dit que la vie d'une caissière était monotone ?)

A suivre (oui parce que maintenant j'ai décidé de donner un rythme sériel à cette catégorie, parce que je le veux bien !) : "je joue les prolongations!".

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Je dis M.

Alors M. comme vous l'aurez compris (et si c'est pas le cas, il serait peut être temps de le faire :p), c'est ma collègue.

Un peu plus âgée que moi, beaucoup plus grossière que moi (ah, qu'est ce que ca me fait du bien de pas avoir l'impression d'écorcher l'oreille de mon interlocuteur quand je sors un bon gros "faut pas tortiller du cul pour chier droit" et entendre comme réponse un truc encore plus gore), elle est supra sociale.

Et hystérique face aux événéments qu'on ne maîtrise pas toujours, à la caisse comme en rayon. Genre elle va crier comme un putois dans tout le magasin, à la fois paniquée et énervée si un truc se passe, alors que pour ma part je me contente d'aller chercher un responsable, ou mieux encore de prendre le téléphone pour l'appeler.

Ca évite de passer pour barge (et chiant aussi).

M. est supra grossière et si j'adore cela dans l'intimité relative de nos relations publiques (comprenez par là quand on papote entre nous sur notre lieu de travail, pour les besoins du boulot ou autre), ca me gêne beaucoup plus quand elle lâche un bon gros "putain fais chier" quand elle loupe un truc à la caisse (ce qui nous arrive à toutes, sauf qu'il y a un minimum de langage à avoir face aux clients je pense).

M. est encore super marrante (comme elle dirait : on se tape des barres de rire), mais ca prend une tournure beaucoup moins drôle ces derniers jours quand elle plaisante à mes dépens.  Alors une fois, deux fois, ça passe. Genre les petites vannes sur les capacités à encaisser, renseigner, je veux bien les avoir, je sais ce que je fais, je sais que ca m'arrive de me planter, mais je sais aussi que je bosse bien.

Alors qu'on plaisante sur quelques bourdes, why not ? Mais il y a plaisanter ET plaisanter. Il y a rire avec et rire de. Surtout face à ses amis. Et là, j'avoue, j'aime moyens qu'on me fasse passer pour la cloche de service. Surtout que plus on plaisante, plus je suis énervée, plus je suis énervée, plus je gaffe, plus je gaffe, plus on plaisante...

Voyez le topo?

Autre situation : la valorisation de soi au détriment de l'autre. Ce que M. manie très bien. Par exemple certaines fois nous sommes deux à la caisse (emplois du temps pourris qui font qu'on tourne à deux caissières sur une seule caisse...), et là elle va tout me dire ce que je dois faire, comment je dois le faire, me rabrouer limite si je fais pas exactement comme elle a dit, alors qu'une caisse c'est comme pour tout : chacun la gère selon ses rites.

Et là du coup, devant le client, je passe pour une newbie, la fille qu'on forme alors que M. est là depuis à peine trois mois, que mes deux petits mois, cumulés aux deux de l'an dernier font que j'ai bossé plus qu'elle dans la boite, et que je connais un peu comment je dois faire...Là c'est plus de l'agacement, c'est de l'envie de meurtre qui me prend aux tripes.

Mais je me contiens, car je sais que M. souffre beaucoup de sa situation dans l'entreprise: elle est un peu comme un enfant indésiré. En effet, ma chef ne la supporte pas (c'est physique, elle ne l'appelle jamais, me confie seule les tâches importantes qui ne sont pas de mon ressort officiel de caissière, mais sont plus de l'ordre de vendeuse, voire de chef de rayon), et les autres membres de l'équipe pas mieux...Beaucoup se servent de notre amitié (car malgré tout ce que je viens d'écrire sur M, c'est une fille que j'aime beaucoup, et dont je sais que je peux compter sur elle et réciproquement) pour faire passer des messages  : genre "tu diras à M. que ci, que ca...". Je rapporte, par souci d'honneteté, mais cela me place dans une posture délicate de l'oiseau de mauvais augure.

Bref, tout ça pour dire que si notre relation était idyllique auparavant avec M., pour le moment elle est plutôt ternie par tout ceci.

C'était un communiqué de la Wonder caissière, dénuée d'humour pour le coup (autant dans l'écriture que dans le vécu).

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Champ de bataille, et chants de guerre.

Depuis trois jours, ambiance tendue à Gibert, et pour cause : le déménagement du rayon scolaire à l'étage de la variété française et internationale (le mien, donc).

Conséquence 1: déplacement d'une partie de ce rayon au sous-sol.

Conséquence 2: sous-sol encombré par la variété française (VF, quand on est un Gibertien in). 

Restriction de surface, et difficile cohabitation entre les clients perdus, nous mêmes déphasés et tous plus ou moins agacés par cet espace vital pris les uns sur les autres. 

Le temps orageux n'arrange pas grand chose.

Ni le fait que notre lecteur de cartes bancaires ne fonctionne depuis trois jours, et dixit le réparateur : n'est pas prêt de fonctionner vu que le problème ne vient pas de celui-ci, mais de la ligne téléphonique (qui fonctionne pourtant : je suis débordée au standard) et de chais pas quoi...Jargon de pro, quoi.

Heureusement que M. est là pour faire front sur le front, car on a l'impression d'être des pestiférés au rayon variété internationale : on nous prend notre espace, on nous enlève notre variété française (plus le droit de s'en occuper), notre caisse ne fonctionne qu'à moitié...Et on est trois à s'occuper du rayon, autant vous dire qu'on se marche sur les pieds ou qu'au contraire on s'ennuie ferme. 

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Les doigts de pied en éventail.

Ou presque.

Car j'ai beau y aller de mon coup de gueule contre certains clients, il n'en reste pas moins que je suis plus que satisfaite de bosser là où je suis.

Tenue vestimentaire ? Zero, la tête à Toto, ou celle à Zinedine tant qu'à parler déficients capillaires. C'est à dire que je me pointe en tongs mâââdame et en sarouel si je veux. Et toc. 

Les rayons sont rangés  ? Les nouveautés piégées  (terme hautement technique pour dire que l'on a inséré à l'intérieur du boitier CD un petit antivol) et étiquettées  ?  Pas de client à l'horizon ? Eh ben fais péter la mangasse ! Ou autres mots fléchés d'ailleurs, même si en ce moment je les ai mis en stand-by (avec plus de trente degrés en magasin, faut ptêt que je ménage mes neurones). Allier détente et travail, c'est quand même génial: surtout que ca me permet de renouer avec les mangas et autres lectures, dont je ne prends plus le temps à consacrer une fois chez moi.

Last but not least : c'est bibi qui choisi la musique en fonction de son humeur. Et ca aussi, ca fait parti des petits plaisirs Gibertiens ;)

Jalousez-moi.

Ou jetez-moi des pierres (et autres tomates pourries), peu importe ;) 

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D'autres clients, suivi de Dieu, j'écoute ?

Autre jour, autre client.

Ils se suivent tous, mais ne se ressemblent pas.

Il y a les habitués. Ceux qui ont toujours un sourire pour nous, toujours une petite vanne, un petit encouragement, deux secondes à nous accorder et avec qui je prends plaisir à travailler. Comme ce tatoué. Un métalleux. Il a toujours des problèmes avec sa carte bleue : il dépense plus qu'il ne gagne, mais il est passionné, que peut-on y faire? Alors toujours je diffère le paiement par chèque en adressant un mot à la compta, toujours j'essaye la carte bleue avant de lui dire que le sésame n'a pas fonctionné cette fois-ci, mais que je lui mets ses CD de côté pour la prochaine fois.

Je l'aime bien.

Il y a les habitués moins agréables, ou pots de colle. Mais il faut faire avec, quelque part ils ont leur charme aussi. Comme les L. Le fils est atteint d'une trisomie. Sa mère souffre certainement d'une déficience elle aussi. Ils sont étranges, et leurs demandes ne le sont pas moins. Ils ont leur côté agaçant; mais on les voit tellement souvent que sans eux, le boulot serait pas le même, serait plus fade.

Je les aime bien aussi, mais d'une autre façon.

Il y a cet habitué qui nous gruge et inverse les étiquettes pour payer moins cher. Mais qui reste tout sourire, l'air innocent, du coup tu ne sais pas comment lui dire qu'il fraude, limite si tu culpabilises pas d'avoir à lui rappeler la loi.

Il continue à venir tout le temps pourtant. Toujours aimable, toujours rusé.

Il y a ce petit vieux qui prépare toujours sa monnaie dix minutes avant de passer à la caisse, afficionado des DVD, toujours très poli.

Je l'aime beaucoup, il est tout vouté, ca le rend mignon comme un papi.

Il y a bien sûr ceux qui sont de passage, qui entrent pour la première fois dans le magasin et le découvrent. Les polis, les moins polis, ceux qui nous amusent, ceux qui nous énervent.

Et j'en viens aux faits, il y a ceux qui nous prennent pour Dieu. 

Comme ce client qui appelle au standard, et qui me demande si nous avons du Johnny Halliday. Ah que oui, j'en ai. Vous cherchez un titre en particulier  ?  Non, monsieur demande si dans notre banque de données on peut trouver le CD qui est bleu et qui s'ouvre en deux par le milieu, vous voyez ?

Non pas du tout, et ma banque de données non plus.

Mais je préfère encore me faire tenir la jambe par cet inconnu au téléphone et sa demande saugrenue, que de rencontrer à nouveau Monsieur je vous fais la morale ;) 

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Un client.

C'est un mercredi matin, ce matin même.

La cinquantaine grisonnante, une petite moustache qui me rappelle celle de mon grand-oncle, l'air bourru et visiblement pas très au fait du lieu où il se trouve.

Je demande alors si un renseignement peut lui être utile.

Réponse affirmative.

Cet homme cherche un livre. Il m'affirme qu'une collègue vient de m'appeler pour me prévenir de sa venue.

Je réponds par la négative.

Je lui dis que son livre se trouverait a priori dans l'autre boutique, je l'ai encaissé l'an dernier : littérature jeunesse.

Sa moustache se réhausse sur un sourire. Ca commence mal, vu les commissures plissées sous forme de mépris.

Manque de bol cette année, il se trouve effectivement de mon côté, en scolaire (ouais c'est complexe Gibert : sous sol DVD et une partie des CD, au rez-de-chaussée la variété française et internationale, et à l'étage tout le scolaire jusqu'au bac).

Il me rappelle donc que compte tenu du fait qu'on m'ait appelé je devrais savoir où se trouve le livre, surtout si je bosse dans la librairie. J'insiste : non, personne ne m'a appelé, je vous prie de m'excuser pour mon erreur, effectivement le livre se trouve à l'étage, et je joins le geste à la parole en lui montrant où se trouvent les escaliers.

Notre première prise de contact se termine sur un cinglant "entre l'étage et la boutique d'à côté il y a une marge mademoiselle, vous devriez le savoir".

Je ne sais pas quoi dire, finalement il a raison dans le fond, mais la forme me déplait. 

Il monte, et redescend quelques minutes plus tard, son foutu bouquin à la main.

Je pense l'incident diplomatique terminé : il l'a trouvé son livre à 2euros80.

Mais tout au long de l'encaissement, les remarques se sont multipliées.

"Quand vous ne savez pas mademoiselle, dites que vous ne savez pas, plutôt que d'induire les gens en erreur !"

"Vous faites mal votre métier !"

"Il faut vraiment savoir que votre collègue a appelé !"

Et bien sûr un au revoir de sa part aurait été superflu : comment l'aurais-je mérité alors qu'aussitôt après m'être trompée sur un renseignement partant d'une bonne intention, je me suis rattrapée ?

Heureusement que ce client était là pour me rappeler combien j'étais une merde, car un peu plus et j'oubliais mon simple statut de caissière omnisciente. 

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La con-table.

Voire même au pluriel, car elles sont plusieurs, sinon c'est pas drôle.

Les cons-tables donc, de chez Giiiiiiiiiiiiibert madââââme.

Qui me font tourner en bourrique, et je ne suis pas la seule : et vas-y que je t'appelle pour t'accuser d'avoir volé les rouleaux de pièces alors qu'ils sont en fait (c'est ballot, hein?) devant leurs yeux (vécu l'an dernier, testé et désapprouvé).

Qui appellent pour dire qu'on doit les rappeler avec une information cââââpitale (genre : où est passé tel ticket d'annulation ?), pour ensuite dire : ah mais en fait il était dans l'enveloppe, pas la peine de rappeler. 

Qui te font des apports de 390 euros dans ta caisse, en plus de la deux centaine que tu te traînes déjà, c'est donc totalement inutile, et t'ignore toujours pourquoi de temps en temps elles pètent une durite en nous rajoutant plein de sous inutiles ? Et qui non contentes de t'apporter un putain de fond de caisse que si tu te fais braquer t'es dans la merde, elles insistent en mettant plein de billets de 50 euros alors que...Alors qu'on ne prend pas les billets supérieurs à 50 euros et que donc on voit pas trop l'intérêt de les avoir "pour rendre la monnaie", selon leurs dires.

Qui te tiennent la jambe cinq minutes au téléphone alors que t'as un client à encaisser pour savoir tes horaires alors que ton supérieur est censé avoir rempli ta feuille d'heures depuis un mois déjà toutes les semaines pour toi, vu qu'il a dit qu'il gérait ca pour toute l'équipe. Mais qui en revanche alors qu'elles n'ont rien à faire (et se pointent à 14h30 là où normalement elles devraient être au magasin à 14h, heure locale), ne peuvent pas t'accorder plus de trente secondes au téléphone si t'as vraiment besoin d'un apport en argent cette fois (et qu'elles ne te l'ont pas fait, on sait pas plus pourquoi).

Mais là où je pourrais saturer les autres jours (je prends plutôt le parti d'en rire et de faire ma LDP avec ma collègue et complice M. ;) ), aujourd'hui j'ai un peu eu du mal à être tout sourire devant l'une d'entre elle et sa mauvaise foi, son mauvais boulot ou que sais-je encore, flagrant(s). 

En effet, je dois passer ma visite médicale. Le 25 mai selon euh selon une collègue qui "a cru voir la fiche de convocation une fois" en passant en compta. Le 29 mai selon la comptable. 

Comptable qui devait aujourd'hui même et après insistance de ma part (non parce que si c'est le 25 mai, ca urge un peu quand même, surtout que je sais ni l'heure ni l'endroit et que de les connaître à la dernière minute ca me tente moyen), me fournir cette feuille même de convocation, et qui ne l'a bien évidemment pas fait (sinon je ne serais pas là à rouspéter, mais plutôt à me vernir les ongles, car c'est plus joli l'été).

La première fois elle devait me la porter à la seconde boutique, où j'effectuais un remplacement. "Dans dix minutes".

C'est pour cela qu'une heure plus tard je la croisais dans la boutique où je bosse d'habitude pour reprendre mon poste initial. Et que bien sûr "j'ai oublié ta feuille, j'ai juste les feuilles d'heures en main, mais je reviens!".

J'attends.

Et effectivement, Dieu soit loué (oui, je me mets à prier maintenant, quand je parle comptabilité gibertienne), elle est reviendue.

Avec une feuille.

Et de l'écriture dessus.

Mais c'était pas pour moi.

Non c'était pour nous demander à ma chef et à moi si l'on était disponibles fin juin pour la fête prévue en l'honneur du départ en retraite de l'un d'entre nous.

Et quand nous eûmes finimes de parler de cela, j'en suis bien évidemment venue à ce qui m'intéressais Moi, Je, Lara, en tant que salariée.

Ce à quoi j'ai entendu répondre :

"Ah ben en fait je dois la faire photocopier, je te la remonte tout à l'heure". Il était...

...17h. Fin de journée pour moi (les mardis c'est quand même pépère, comparés aux 19h30 du reste de la semaine :p).

Cette fois-ci, c'est moi qui l'ai planté : au diable sa feuille, j'allais quand même pas attendre qu'elle la remonte alors qu'on sait toutes les deux qu'elle ne l'aurait pas fait, car elle aussi fini à 17h.

Prout. 

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