.

Y'a des périodes comme cela.

Y'a des périodes comme cela où on ne sent pas heureux.
 
Sans aucune raison.
Ou pour des tas de petites raisons.
 
En ce moment je ne me sens pas heureuse dans ma vie (avec tout ce qu'elle comprend dedans, même les chats, même avec Vi.).
 
Ah Carole, je n'ai pas répondu à ton commentaire, mais la réponse est dans ce post : non, en ce moment, ça ne va pas. 

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Au présent.

Il y a maintenant un peu plus de cinq mois, j'ai pris quelques affaires avec moi, un gros chat et mon manteau, et je suis partie.
 
J'ai laissé derrière moi Lyon, et toute une vie. 
Je suis arrivée à Mont Saint Aignan, toujours avec mon gros chat sous le bras, et nous nous sommes installés tous les deux chez Vi. et son frère.
 
Les débuts furent difficiles.
La suite fut meilleure.
Parfois il y a eu des rechutes, entre nous deux, entre nous trois, et j'ai même détesté mon gros chat (qui a déchiré toutes les tapisseries de l'entrée).
 
Nous avons - enfin légalement, j'ai - pris un deuxième chat. Une petite femelle. Et le gros chat a arrêté de déchirer la tapisserie.
 
Nous avons fais le tri dans les affaires qui restaient ici, acheté quelques meubles, changé de place d'autres meubles, mis au débarras ceux qui étaient branlants.
 
Nous avons emménagé par le vide, car plus le temps passe, moins il y a de choses dans l'appartement.
C'est comme en suspens. C'est comme si nous allions partir.
 
Car Vi. et moi rêvons d'ailleurs.
Lui, l'architecte, de la grande maison qu'il aura faite faire, et moi d'un home-sweet-home cosy dans lequel je puisse ronronner de bonheur.
 
Des meubles disparaissent encore du paysage de notre intérieur, pour laisser place à la place. Je veux de l'espace, je veux de l'aérer, une petite bulle épurée.
 
Vi. me laisse faire, il m'aide même et sait que cela me fait beaucoup de bien de marquer de mon empreinte ces lieux que nous partageons.
 
J'ai jeté mon ancre à Mont Saint Aignan dans cet appartement il y a un peu plus de cinq mois maintenant, et je sais que ma vie ne serait plus pareille si je revenais à Lyon.
 
Ce blog parle de temps en temps de cette Manchotte exilée en Normandie. Celle-ci se plaint souvent du mauvais temps (cette pluie, oh cette pluie !), des gens pas aimables de son immeuble, de ses chats toujours malades (tiens, d'ailleurs la dernière en date c'est une conjonctivite qui m'a coûté 88 euros), et même de son copain qui est un gros lourd quand il le veut bien (cf les billets sur le tricheur et le tricheur bis).
 
Mais au présent, la Manchotte vous dira simplement que sa place n'est plus là où elle a été, mais là où elle est.
 
Qu'aujourd'hui elle est sortie juste le temps de poster une lettre, et qu'elle a savouré le vent légèrement frais, plus printanier qu'hivernal, le soleil blanc qui caressait sa joue, le calme de l'endroit où elle vivait. Et que bien que parfois l'absence de vie très active à Mont Saint Aignan, que bien que les tours qui fleurissent l'endroit, la déprime parfois...
 
...Elle n'avait pas jusqu'alors profité d'un tel bien être avant, d'être juste là où elle était, à poster une lettre. Dans sa ville.

 
 

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Un souffle.

En ce moment, je sens un souffle nouveau en moi. J'espère simplement qu'il ne s'agira pas d'un soufflé (ah ah, quel jeu de mot mes aïeux!) qui retombera à la bise venue.
 
Je sens comme un changement, quelque chose qui se déconnecte dans mon esprit. Cela fait plusieurs jours que je ne me réveille pas stressée, pas angoissée, pas mal à l'aise d'être à côté de Vi.
 
Ca ressemble à une prise de conscience. A du lâcher-prise.
Je ne sais pas exactement ce qui se passe dans mon corps, dans ma tête, mais je me sens à la fois étrangement bien, et étrangement déconnectée de tout. Je ne ressens pas grand chose, mais ce pas grand chose n'a rien de négatif.
 
J'attends de voir ce que ce souffle va provoquer en moi.
Car il est temps, je pense, que je change. 

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Conjugaison du verbe "douter".

Je doute.

Je doute.

Je doute.

Je doute.

Et toujours je me demande si c'est bien de l'amour que je ressens.

Je suis complètement perdue.

Je suis malade, encore. Quand ce n'est pas l'hypocondrie, c'est la fluctuation des sentiments.

A se taper la tête contre les murs. 

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la Bête enfouie.

Se laver une fois les mains. 

Deux fois.

Trois fois.

Dans la même heure.

Se laver les mains une fois.

Deux fois.

Trois fois.

Quatre fois.

Trop de fois dans la journée. Après avoir touché des choses anodines. 

Une inquètude constante. Une impression de saleté ambiante. Dedans. Dehors. Les personnes, les objets, les lieux. Tout m'apporte anxiété. Porteurs de germes. Microbes. Maladie.

Mort.

Parfois je me sens étouffer. J'ai l'impression de ne plus sentir mon souffle. Parfois je mange quelque chose de travers et je pense que ça va me tuer. Parfois j'ai mal aux côtes et je me demande ce que j'ai.

Mais je n'ai rien.

Tout est à l'intérieur. Dans la tête. Dans l'anxiété.

Cela faisait un peu plus d'un an que je n'avais pas subi de grosse crise.

Et me voila à nouveau en prise avec la Bête enfouie à l'intérieur.

L'hypocondrie.

Espérons que cette crise qui s'accentue depuis deux semaines, ne durera pas plusieurs autres semaines, voire plusieurs mois.

Car même si j'ai appris à apprivoiser cette Bête, quand elle se déchaine, elle me met dans un état de faiblesse physique et moral intenable. 

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Fille à lunettes.

Je ne suis pas née avec des lunettes, mais c'était tout comme.
Un papa astigmate (et myope?), une maman myope comme une taupe, des grands parents eux aussi binoclards, bref c'était dans nos gênes (Sarkozy aurait-il raison?).

         A l'âge de cinq ans, je me suis vue affublée d'une paire de lunettes très colorée, parce qu'elle avait été choisie par ma mère, et que ma mère, les couleurs elle aime. L'une des branches était rouge, l'autre verte, et la monture principale jaune. A moins que ce ne soit l'inverse. Mais les couleurs c'étaient bien celles-là ! Et puis partout sur la monture, il y avait des petites notes de musiques blanches.
L'anti-classe total quoi. Mais avec le recul je me dis que je les aimais bien, elles étaient rigolotes ces lunettes. Elles avaient même une histoire, car une fois ma (petite) soeur m'a fichue une baffe au cours d'une dispute, et une branche a a été abimée. Je me souviens qu'elle s'est prise elle aussi une baffe de la part d'un de mes parents, sauf qu'elle n'avait pas de lunettes, donc rien de cassé, juste une joue un peu rouge.

Je ne sais plus quand. A mon entrée de collège peut être. Nouvelle paire de lunettes : montures rondes, et couleur bleu foncé. Avec le recul, je me dis que je les détestais. Elles m'ont suivies jusqu'au lycée. Puis au lycée, je me souviens d'une dispute mémorable entre mes parents, car les verres avaient coûtés 600 euros. J'avais une nouvelle paire de lunettes, elles étaient pas tout à fait rectangulaires, et de couleur prune.

L'année de ma licence, et celle de la rupture, j'ai demandé une nouvelle paire de lunettes. Je les porte actuellement. Elles étaient sacrément moins cheres que la paire précédente, et me plaisaient encore plus.

        Choisir une paire de lunettes est toujours quelque chose de délicat. Quand j'étais petite, je me souviens que je supportais mes lunettes, plus que je ne concevais leur véritable utilité. Il faut dire que je n'étais pas aussi myope que maintenant. Dès qu'elles m'insupportaient, ou me complexaient de trop -c'est à dire trop souvent- je ne mettais pas mes lunettes. Je n'ai fais qu'aggraver mon cas. Et remporter beaucoup de maux de tête à trop forcer sur mes yeux.

Un enfant qui porte des lunettes, je le regarde à la fois attendrie, et à la fois avec un petit peu de pitié. Attendrie, car je trouve cela vraiment mignon un môme affublé de lunettes. Un peu de pitié car je me demande toujours s'il souffrira des quolibets que beaucoup de personnes qui portent de lunettes ont du essuyer (au collège j'étais non seulement binoclarde, mais aussi plate comme une limande, acnéique à souhait et régulièrement première de la classe, ce qui n'arrangeais pas mon cas). Parce que si les lunettes ne ressemblent désormais plus aux culs de bouteille d'antan, il n'en reste pas moins qu'un enfant à lunettes, c'est un enfant différent (tout comme quelqu'un de roux, par exemple, mais les exemples sont variés, ca peut toucher le poids aussi, et l'origine ethnique, ou sociale, bref plein de choses, on m'a même fait remarquer que j'écrivais pas de la même main que les autres, car j'étais la seule gauchère dans une de mes classes en primaire). Les enfants ne sont pas des anges, et je n'ai jamais compris que l'on prête à l'enfance la vertu de l'Innocence.

J'ai appris en grandissant à apprécier le fait de porter des lunettes. Bien entendu, même après tout ce temps passées avec elles au bout de mon nez, je les oublie encore trop souvent (ce qui est très positif !) et me retrouve coincée avec elles dans le col de mes pulls. J'ai appris à apprécier le fait que je n'ai pas une vue parfaite, le 10/10 c'était peut être bon pour moi scolairement, mais mes yeux en avaient décidé autrement. Au lycée, je n'ai pas entendu les moqueries. Soit qu'on n'en faisait pas (je penche pour cette hypothèse), la maturité se faisant un peu plus, soit qu'elles se faisaient très discrètement (je doute qu'on se soit moqué de moi pour mes lunettes, mais plutôt pour mon côté coincé). Cela m'a aidée grandement à assumer ma myopie et mon astigmatie. Et puis j'avais avant même d'entrer au lycée, intégrée l'idée qu'il fallait que j'apprenne à me détacher des clichés qu'on avait sur moi (c'est bien pour cela que je ne me suis pas décoincée une seule seconde pour faire plaisir aux autres en apparence).

Rien à dire de spécial sur mes années fac à Lyon. Au mois de juillet 2006, après une consultation chez l'ophtalmo pour faire un peu le bilan (et toujours négatif le bilan), je me dis que j'aimerai bien franchir un pas de plus. Choisir VRAIMENT mes lunettes. Les prendre pour moi. Pour me faire plaisir. Oui, la notion de plaisir était là. Très présente. J'ai choisi des lunettes qui ressemblent aux précédentes, mais sont un peu plus actuelles dans leur ligne. Maintenant elles ne me plaisent plus du tout, j'aimerai opter pour des montures noires, ou rouges. Les lunettes habillent mon visage, d'ailleurs c'est bien simple : sans, je ne me reconnais plus, je ne me connais pas. De toute façon sans, à moins d'être à 20 centimètres du miroir, je ne me vois pas. Alors, je fais avec. La chose qui m'ennuie le plus dans le fait de porter des lunettes, c'est que pour voir le visage de Vi au réveil, il faut que je mette mes lunettes, ou que je me colle au sien. J'aimerai pouvoir le voir. De loin. Comme "tout le monde". J'aimerai parfois pouvoir apprécier son regard sur moi, sans avoir à porter mes lunettes. Dans les moments intimes, je ne le vois pas non plus, et cela peut m'attrister à l'occasion. Le flou, je ne l'aime qu'en photo. Et encore, quand c'est bien fait.

Pour en revenir proprement parler aux lunettes, je les choisis comme je choisirais un vêtement. Sauf que là, c'est un vêtement permanent, que je dois pouvoir apprécier pour plusieurs années. Et plus les années passent, et plus je suis capricieuse (cela fait moins de deux ans que je porte ces lunettes là), plus je veux changer de lunettes souvent, comme je changerais de chemises.
En magasin, les lunettes je les teste, les déteste, les re-teste, les compare, parfois craque pour une paire, puis constate qu'elle me va mal, alors je passe à la suivante. C'est un peu comme si je cherchais à entrer dans le soulier de Cendrillon : il me faut MA paire, celle qui est faite pour moi, celle qui ne fera pas tache sur mon visage et que j'aimerai car je l'aurais reconnue comme l'élue.
C'est un grand moment, presque sacré, maintenant lorsque je choisis mes lunettes. Autant l'avis des autres m'importe peu quand je choisis un vêtement, autant j'ai besoin de tous les avis que je peux avoir avant d'opter pour une paire de lunettes (et donc en général j'embarque toute la smala avec moi, une vraie diva !).
Après le choix effectué, il y a l'attente...Pour que les lunettes soient pleinement sur mesure, il faut qu'elles soient à ma vue !
Quelques jours après, je repars fièrement avec mon bijou, ma petite-touche-en-plus-pour-des-yeux-qui-ont-moins, posée juste sous mes sourcils. Et j'apprécie ce moment.

           Il faut dire que mon plaisir à choisir des lunettes est accrue par les offres qui sont faites à ce niveau là (c'est sympa quand même de pouvoir obtenir des solaires pour juste un peu plus, quand on connait les prix des verres à la vue!), et aussi le choix qui a considérablement grandi ces dernières années. L'idéal pour moi serait d'avoir deux paires de lunettes à ma vue, que je pourrais changer en fonction de mon humeur. J'attends d'économiser pour pouvoir m'offrir ce cadeau. Et puis ce sera une première : la première fois que j'acheterai mes lunettes (jusque là financées par mes parents).

Il y a une grande démocratisation dans le marché de la lunette. Bien sûr celle-ci n'est pas seulement le fait d'opticiens désireux de décomplexer les binoclards, mais aussi par le fait que cela devient un véritable produit de consommation, la paire de lunettes. Et puis, il y a eu aussi un phénomène de mode : fut un temps, la lunette c'était hype. Mais trop hype de chez hype quoi. Des people sans problème de vue se sont mis à porter des lunettes, car ca leur allait bien. Et c'était vrai, souvent. Mon frère (ce grand dadet !) aussi a voulu porter des lunettes parce qu'il trouvait ça chouette (bon, son voeu a été exaucé, on lui a découvert il y a un an une myopie légère). D'un côté j'ai accueilli ce phénomène de mode d'un bon oeil (ah ah, c'était facile), car cela démystifiait le côté "binocles = intello ou bigleux" (mais bon pour autant les vrais binoclards étaient toujours considérés comme binoclards car n'avaient pas le choix de leur situation, tandis que ceux qui portent des lunettes pour le fun sont in).
Mais de l'autre côté, j'ai été un peu gênée de cette démarche : après tout, pourquoi vouloir porter des lunettes sans raison (autre que le soleil) quand on ne souffre pas de problèmes occulaires ? C'est un peu comme si moi je décidais un jour de porter des béquilles parce que ca affine ma silhouette, ou que je décidais de me déplacer en fauteuil parce que la couleur rend mon teint plus frais et mon oeil plus pétillant. J'étais, et je suis toujours gênée, car bien que de nos jours certains problèmes occulaires soient beaucoup moins handicapants que par le passé, cela reste un problème.
 
Au risque qu'on se moque de moi, il m'arrive souvent de bénir l'illustre inconnu qui a eu l'idée un jour d'inventer les lunettes ! C'est une révolution ces petites choses, et je me demande comment je ferai sans...Je ne ferais tout simplement pas et ma vie serait pas aussi facile. Et dire que lorsque j'étais enfant, je maudissais cet inventeur de malheur qui m'amenait toutes ces moqueries. Elle est bien loin l'enfant complexée par ses binocles...La jeune adulte, elle veut s'exposer. Veut que l'on remarque qu'elle porte des lunettes. Ne veut plus les cacher. Ni se cacher derrière, mais que l'on voit aussi ses yeux. Bref, la jeune adulte veut tout. Et elle l'aura !

Il m'est arrivé de penser de porter des lentilles, mais c'était tout récemment. Et l'idée est partie aussi vite qu'elle est venue, car j'ai les yeux trop secs pour que je puisse les supporter. Et il m'est arrivé aussi de me dire que je me ferai opérer les yeux quand j'aurais l'argent et l'âge pour. Ma mère l'avait fait en 2001, a recouvré une vue quasi parfaite une fois l'opération faite. En 2006, se déclarait une maladie très rare, qui lui fait perdre la vue, elle est retombée et encore plus bas qu'avant, plus que 2 à un oeil, et à peine 4 pour l'autre. Et comme je porte aussi cette tâche sur la macula, et que cette même maladie peut se déclarer un jour chez moi (demain, comme dans 30 ans, mais peut être -et je l'espère- jamais), alors j'ai renoncé à ce projet. Et j'ai décidé de m'ancrer encore plus dans mes convictions, que je vous résumerais de façon un peu simplistes : "les lunettes, c'est chouette". Je vous l'avais dis, c'était simpliste, mais ce que je crois profondément aujourd'hui.



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Le jour où la Star Academy m'a ouvert les yeux sur qui j'étais.

Y'a un truc de dingue qui m'est arrivé. 
La Star Academy a été une révélation pour moi.
Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en Enfer.
 
La grande question que vous vous posez maintenant, c'est : "pourquoi ?" (et si c'est pas cette question là qui vous vient à l'esprit, tant pis, je peux rien faire pour vous)
 
Je pourrais vous répondre stoïquement et absurdement "parce que".
Mais je sens d'ici votre frustration à cette réponse si elliptique.
 
Alors lecteur, lectrice, et quiconque passerait ici par hasard (cruel, le hasard), voila à quoi je veux en venir :
Un matin de la semaine passée, m'ennuyant profondément, j'ai allumé la télé. Elle m'a tenue compagnie toute la matinée. Bien sûr, tu devines sur quelle chaîne j'étais, rien qu'à l'évocation du nom de l'émission qui titre ce billet (et si c'est pas le cas, félicitation, ça signifie que tu as échappé à l'immondice télévisuelle).
Viennent les onze heures et quelques (je crois).
Débute la Star Academy.
Je suis mollement d'un oeil distrait les aventures de nos pseudos chanteurs en herbe, vaquant à mes occupations Internetiennes. 
Mais si mon oeil était distrait, mon oreille, elle - voire même les deux - était totalement consciente et pas sourde pour deux sous à ce qui ce chantait (fantastique le massacre de cette chanson d'Amel Bent que j'aime déjà pas tellement à la base, par Noémie il me semble, qu'on aurait pu croire en train de se faire égorger, mais non pas du tout en fait), ni à ce qui se disait.
 
Et tout l'intérêt de ce billet (et donc de ma révélation) réside dans ce qui se disait. Yaëlle et Noémie (toujours il me semble, en tout cas une grande maigre avec une tête de dix pieds de longs et l'air pas aimable - un peu comme moi, mais à la télé et sans lunettes). De vraies poétesses.
 
"Putain!"
"Moi les gens j'aime pas quand ils m'emmerdent"
"Y'm'casse les couilles !"
"Fais chier"
"Ca me saoûle!"
"Merde".
 
Pour la liste exhaustive. Tout ça non censuré aussi (je suis pas partisane des "bips", mais quand même, je me dis que mon petit frère ou ma petite soeur peuvent regarder. D'ailleurs il est pas sorti de n'importe où le "pétasse" dont m'avait affublé un jour l'un de mes frères - et la baffe qui s'en ai suivi n'est pas sortie de n'importe où non plus).
 
Et ces longs dialogues (ou monologues) ponctués de grossieretés à intervalles plus que réguliers...M'ont rappelés à ma propre personne.
Car oui, je suis nombriliste même dans la critique. Et je commence à croire que c'est pas amusant de dire des gros mots tous les trois mots. Que les phrases se font autrement qu'avec vulgarité.
 
Parce que, j'aimais bien choquer mes grands-mères et ma grande tante en étant grossière (surtout l'une de mes grands-mères en fait). Parce que ça sortait aussi naturellement de dire "putain" que de dire "anticonstitutionnellement". Parce que j'aime bien écrire, écrire bien et être décalée dans mon vocabulaire. Parce que mon père est un gros mot à lui tout seul (mais aussi un incroyable plus de culture, tout un paradoxe aussi !).
 
Parce que...Parce que...Ca  fait beaucoup de parce que.
Et beaucoup de gros mots dans la bouche d'une jeune fille. Et que je me dis que si je trouve MON vocabulaire choquant dans la bouche des autres, ces mêmes autres peuvent le trouver choquant dans MA bouche (ou sur mon blog, qui n'est pas exempt de gros mots, preuve en est l'article de ce matin).
 
Comme j'ai bien conscience qu'on ne chasse pas le naturel (sinon il revient au galop), je ne pourrais pas changer de suite. Seulement, je compte bien y travailler, car entre mon humour trashos et obsédé à ses heures et ma grossiéreté ambiante, je me renvoie (et la Star Academy aussi, d'ailleurs si c'est Daucy j'y vais aussi...Hem hem) l'image d'une beauf à l'état pur.
 
Et ça...
C'est Star Académiesque.
Donc pas pour moi. 
 
NDLA : du coup le nom de blog est complètement star académiesque ! 

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22 ans.

Vingt-deux ans, demain.

Je suis née un certain mercredi pluvieux, à très exactement 15h50. De groupe sanguin A, rhésus positif.

Quand j'étais petite, je pensais que je ne vivrais pas jusqu'à vingt ans. Que je mourrais avant. Parce que le monde était trop dangereux, parce que je ne pouvais pas être adulte, et que vingt ans c'était déjà vieux.

Les personnes âgées de plus de vingt ans étaient pour moi des warriors, des survivants d'un monde sans pitié, entre les maladies, les agressions, les drames innombrables qui frappent chacun de nous un jour (ou tous les jours, ça dépend dans quelle région du Monde on vit) ou l'autre. Du coup, ça m'arrive encore de me dire que si je suis vivante aujourd'hui, c'est parce que je fais partie des "Elus" (ouais bon ça sonne un peu mystique ce mot...), car tout le monde ne vit pas, ici bas. Et ça me fait bizarre de me dire que je suis vivante.

Vingt-deux ans, demain.

Et toujours en train de ressasser le passé de mes 18 ans. Jamais celui de mon enfance. Ce qui m'a le plus marquée, c'est mon arrivée au lycée. Mon âge d'or.

L'Université, porte ouverte devait être mon nouveau paradis, mais de paradisiaque n'y était que l'idée que je m'étais faite. C'était l'époque des premières histoires d'amour de tout le monde, y compris la mienne. C'est pas une belle période de ma vie, même si j'ai connu des périodes plus difficiles (et dramatiques), cette période fut la plus dure à traverser : il s'agissait de commencer à devenir adulte.

Et ça...C'est trop de travail pour moi. Les responsabilités ne me font pas peur, mais grandir me fait peur paradoxalement.

L'année dernière fut une révélation pour moi, j'ai beaucoup changé, et mes amies le savent. Epurée, mais nostalgique, je suis devenue très intransigeante (encore plus que par le passé...incroyable) et très détachée. Je suis devenue quelqu'un de très passéiste aussi, et je rumine beaucoup les choses, surtout négatives (sinon je ne serais pas là à me lamenter de mon ex alors que je vis chez mon copain et que de l'eau a coulé sous les ponts depuis).

Je ne suis plus hypocondriaque. Je n'étudie plus du Droit.

J'ai pris plusieurs décisions, comme entamer une nouvelle relation - à distance qui plus est - arrêter mes études, trouver un travail.

Et vivre chez Vi. M'inscrire à l'Université à nouveau.

J'ai pris un coup de vieux.

Et je ne fêterai pas mon anniversaire dans la joie, car je ne suis pas prête pour cela, et trop loin de ceux que j'aime. 

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Se (faire) pardonner.

On attend toujours des autres qu'ils nous pardonnent pour les mauvaises actions que nous avons commises envers eux.

Mais parfois on oublie de se pardonner soi-même, comme si cela était criminel de s'auto-accorder un pardon. Pourtant, je pense que cela est  tout aussi salvateur qu'un pardon attendu d'un autre.

J'avais des comptes à régler avec moi-même. Des vieilles histoires d'ex, des histoires sordides sur une rupture aussi malsaine que la fin de notre relation. Longtemps, je me suis confrontée à un mur, un mur de personnes bien pensantes, un mur de personnes qui pensaient savoir mieux que moi, un mur de personnes qui m'ont jugée et jugée durement.

Au titre des nevroses et comportement complètement malsains, je compte à mon actif un passif de jalouse-possessive assez lourd.

Je ne renie pas ce que j'ai été. Mais je me l'explique, et je me pardonne. Je sais que la responsabilité ne m'en incombait pas, contrairement à ce qui était dis partout, tout le temps.

J'ai fréquenté pendant deux ans et demi ce qu'on peut appeler un beau parleur. Premier amour, premières fois diverses et variées, j'ai l'impression qu'il a tiré de moi le meilleur pour me le rendre en pire. Ce n'était pas quelqu'un de méchant, juste un manipulateur malgré lui, un passionné passionnant qui encore maintenant me manque - eh oui, j'ai beau eu l'aimer autant que le détester, je regrette encore son absence dans ma vie.  

Ce garçon là était frivole et immature. Six mois à peine après le début de notre relation, il était inscrit sur de nombreux sites de rencontres, tout sexes confondus, et tout type de messages confondus, du plus amical au plus sexuel. J'ai découvert la même année qu'il dragouillait - toujours gentiment - son ex. Il a "flashé" amicalement sur une fille à l'Université, et lui écrivait des lettres "amicales". A un moment, j'ai eu un doute, sur mes sentiments, car moi même était séduite par un autre. Et lui de pleurer, de se sentir rejeté alors qu'à la même époque, alors que moi je faisais tout pour m'éloigner de cette connaissance dangereuse, lui faisait tout pour se rapprocher de la sienne.

Et tout a commencé.

Mes fouilles intempestives dans ses boites de réception, le filtrage de ses contacts, les interrogatoires et les comptes rendus complets qu'il devait me faire, les limitations de ses sorties. Sorties durant lesquelles je n'existais plus, et n'avait pas de contact avant tard la nuit, après m'être retournée mille fois dans mon lit en m'imaginant le pire, le sachant charmeur et tactile, toujours prêt à séduire n'importe quel auditoire.

Ca s'est calmé...puis s'est revenu. C'était sournois, incontrôlable, je savais le mal que je faisais, à lui, à moi, à nous, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.

La deuxième année, il a rencontré une autre fille, qui très vite à eue une importance pour lui. Les sorties se faisaient plus régulières, il me mentait pour sortir avec des "potes", au féminin bien sûr, et l'a raccompagné une fois chez elle, en compagnie de ses parents, pendant que je me tordais à comprendre pourquoi j'étais jalouse. De février à mars 2006, tout s'est amplifié, à tel point que notre relation était basée sur l'agressivité : je lui volais ses mots de passe, il me mentait encore plus, je lui demandais des comptes et de tenir ses promesses, il me dupait toujours plus.

Jusqu'au jour où, constatant qu'il m'échappait, et surtout que je souffrais, que je devenais vraiment malade physiquement et mentalement à entrer dans ce jeu là (je ne sortais plus de chez moi, pleurais beaucoup, ne voyais plus mes amies et mangeait peu), j'ai décidé de rompre. Il a pleuré, il m'a dit que je ne me rendais pas compte de ce que je faisais...Que je lui faisais MAL en prenant cette décision.

Et j'ai culpabilisé. Culpabilisé d'avoir été jalouse, d'avoir été possessive, de lui faire mal en rompant...Alors que lui ne m'aimait déjà plus.

Et puis j'ai passé quelques mois seule, à souffrir plus ou moins silencieusement. Et à réfléchir. Cette réflexion se poursuit encore maintenant, et maintenant encore je constate l'ampleur des dégats : il m'a détruite.

Je pense que cela explique en partie pourquoi je ne pense jamais aimer Vi., parce que je me refuse d'aimer à nouveau, parce que je vis sur le passé...Et que le passé est empli de déception et de douleur, sur le mensonge et la jalousie.

Depuis que je suis avec Vi. je ne me montre pas jalouse, pas possessive. Il s'avère que ma vraie nature, c'est celle-ci. J'avais été dénaturée par quelqu'un qui s'est joué de moi, de mes sentiments, quelqu'un de léger et qui - je pense - n'a jamais aimé personne pas même moi.

J'ai pensé, vu qu'on me le disait, que c'était moi qui avait un problème. Mais le problème était né du comportement de l'autre. J'étais jalouse et possessive car je n'avais pas confiance ni en moi, ni en lui. Et que les causes et les effets ne sont pas forcément ceux que l'on croit...Une personne jalouse le devient aussi parfois en fonction des circonstances et de cet Autre qu'elle a en face d'elle.

J'ai cru pendant deux ans et demi que son comportement de menteur et dissimulateur était dicté par ma jalousie, mais c'était inverser le processus : ma jalousie est née de la découverte de son comportement.

Et ça...De l'avoir compris, m'a permis de me pardonner.

Même si je reste écorchée vive de ce tout ce que j'ai fais subir (mêmes aux amis de cet ex, dont l'un d'autre eux, qui me lit peut être encore, se fit incendié de manière exemplaire pour avoir proposé une sortie avec une fille à mon ex ;)) et ce que j'ai subi moi même, je pense avoir compris que dans la vie on peut perdre le contrôle de soi-même et se perdre soi-même, mais que la Rédemption est toujours possible en cours de route.

NB : je traite de cette personne négativement, car avec le recul, je constate qu'à part beaucoup de blessures, et une passion musicale, je n'ai pas pu/su tirer grand chose de cette relation amoureuse. Que j'ai encore beaucoup de comptes à régler avec mon ex, qui ne veut pas m'entendre aujourd'hui comme il y a quatre ans qu'on s'est connu. Malgré tout, j'espère toujours un retour, des explications, et un nouveau départ, même si les choses seront toujours différentes.

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Pas la forme.

Ni moralement, ni physiquement.

Ni sentimentalement d'ailleurs.

Ni amicalement.

Je suis K.O. 

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