La première fois que je l'ai vu, c'était sur Internet. Meetic et tout le toutim. J'ai un petit faible pour les asiatiques (tout autant que pour les grands blonds maigres aux yeux bleus, d'ailleurs), et donc ce vaste marché m'avait servi à faire plusieurs recherches via la fonction zapping, même si mon annonce était suffisamment large pour laisser approcher qui le souhaitait me concernant.
6 juillet 2006, au soir. Il devait être assez tard, peut être 23h, peut être moins. Peut être un peu plus.
Je me souviens avoir visité beaucoup de pages. Avoir sympathisé avec deux ou trois personnes comme cela, ce jour là.
J'ai toujours contact avec l'une d'entre elles, la seconde était D. dont j'ai déjà parlé sur mon ancien blog, et dont j'ai plus de nouvelles depuis quatre mois peut être.
Bref.
Et pis j'ai vu sa photo. Noir et blanc. Des photos comme je les aime. Des photos qui attirent mon regard direct, en dehors de tout aspect physique. Et pis 50x50 pixels à tout casser c'est trop petit pour voir qui physiquement est susceptible de nous plaire.
Alors je clique sur la petite icone.
Et j'arrive sur sa fiche.
Première remarque :
Oh putain, il est trop beau >_< ! Kiss kiss love-love, peut être un coup de foudre physique qui sait ? Malgré l'aspect froid de ce genre de site.
Est venue l'annonce. Pas conviviale, juste simple. Pas de sous-entendus, juste des mots directs. Pas de belles tournures, juste des faits.
"Je m'appelle Vi., je suis architecte. Ma passion est le karaté". Voila quelles sont les premières phrases par lesquelles débutaient une annonce plus fouillée que les autres, dépassant les trois phrases de rigueur minimum pour approfondir un peu plus le sujet.
Je lui ai écris, c'était peut être la deuxième personne que j'ai contacté de mon propre chef sur le site. Mais je ne me souviens pas avoir contacté auparavant quelqu'un. Alors dans mon esprit Vi. reste la première personne que j'ai sollicité directement par un mail.
Je me souviens l'avoir vouvoyé. Merde quoi, j'écrivais à un homme, et je n'étais qu'une gamine. Il n'allait certainement pas me répondre : quelqu'un d'aussi beau, quelqu'un qui n'ait pas mon âge, ne devait pas pouvoir s'intéresser à une gamine en détresse amoureuse, qui ignorait même jusqu'à pourquoi elle s'était inscrite quelques quinze jours auparavant, puisqu'elle se savait incapable d'entamer quelconque relation, trop blessée qu'elle était par la perte récente de son premier amour.
Il me charrie aujourd'hui, de l'avoir vouvoyé.
Mais Vi. m'avait quand même répondu, le lendemain.
Vendredi 7 juillet 2006.
Trois fois rien, pas de quoi soulever des montagnes, ni se dire "yes, it is in da pocket, il me kiffe à fond". Ca aurait été ridicule, d'ailleurs à ce stade là. Il m'a dit que je pouvais le tutoyer. Il m'a dit qu'il m'écrivait à la va vite en rentrant du boulot, mais qu'il avait du temps le soir même pour tchater avec moi.
Aïe. Le fameux tchat que je redoute tant, autant par le fait du nombre de harceleurs qui te parlent tous en même temps, que parce que je suis bien plus à l'aise en différé qu'en direct. L'idée d'échanger des mails me mettait plus à l'aise. Mais soit, le rendez-vous fut pris.
Je crois que c'est lui qui m'a parlé.
J'étais stressée.
Quand nous avons parlé, rien de notable s'est passé au début : on brise la glace, on tâte le terrain. Il me parle de son site de dessin, mais finalement il est comme moi : on fait le coup de ce qu'on connait, on met en avant toujours la même chose en premier face à l'autre. Il a parlé de son site à plusieurs autres filles, pfff dragueur de pacotille :p
Car Vi. n'a jamais su draguer. Je pense qu'il laisse cela à d'autres. Trop de timidité en lui, peut être pas suffisamment d'assurance, de confiance en lui à ce niveau là. Et puis même. Vi. peut dire ce qu'il ressent, mais j'ignore s'il sait créer un jeu de séduction amoureuse, je crois qu'il n'en a tout simplement pas envie : si les choses doivent se faire, elles se feront, pour autant il ne renoncera pas.
La discussion s'est poursuivie sur MSN, le même soir. Nous avons parlé du karaté, que j'ai moi même pratiqué pendant plusieurs années. Très vite, nous nous retrouvons au niveau de l'humour. Une seule conversation aura révélé cela.
Nous nous laissons là pour ce soir, mais nous avons discuté déjà plusieurs heures.
Je lui reparlerai quelques jours plus tard, pour la finale de la coupe du monde. D'ailleurs, ce soir là le charme avait été un peu perdu, il semblait ailleurs, pas du tout apte à me parler. Je ne comprenais plus son humour, j'étais un peu déçue : me serais-je trop enthousiasmée lors du premier contact ? Cela arrive tellement souvent sur ce genre de site : les gens se suivent, on en oublie jusqu'à leur pseudo la minute d'après. C'est triste. Et cela me laissera certainement une petite amertume supplémentaire, concernant ce Unsu, ce pseudonyme qui pour moi n'est pas encore vraiment Vi., car j'avais été poussée par quelque chose certainement pour lui écrire. Sa beauté n'y était pas étrangère, mais je doute que cela ait été le seul moteur de ma démarche.
Puis nous avons conversé pendant plusieurs jours, jusqu'à la fin du mois ensemble tous les soirs, ou presque. Le courant passait toujours aussi bien, mes craintes préalables avaient été dispersées au vent, au fil de notre complicité qui se tissait.
Le 31 juillet, il partait en vacances, et je commençais mon boulot d'été à Gibert Joseph.
Comme nous n'avions pas les numéros l'un de l'autre, nous n'avons pas eu contact pendant plusieurs semaines, peut être un peu plus de jours.
J'avais pas mal tergiversé. J'avais été tentée d'écrire à ses amis dont je connaissais l'adresse mail via son site, pour leur faire cette requête un peu incongrue de son numéro. J'ai parlé à Arnaud de mon attirance et de mes craintes concernant Vi. très vite.
Malgré son absence, il me suivait.
Et je pense qu'il en est de même actuellement, c'est peut être d'ailleurs pourquoi je ne ressens pas tellement de manque de sa personne quand il n'est pas là près de moi.
Nous avons repris contact peu de temps avant son retour de vacances, brièvement. Une fois rentré chez lui mi août, nous avons plus parlé. Pour la première fois il a évoqué l'idée de se voir, en tant qu'ami, lui ne voyait pas encore les choses autrement (il est long à la détente, tsss :p). J'ai plus ou moins décliné, pour ensuite le solliciter ensuite au moins de septembre.
Nous nous sommes vus pour la première fois le 29 septembre. Ce fut un week-end court, mais déjà révélateur de l'attirance réelle que j'éprouvais pour lui, et qui était apparement réciproque.
La semaine suivante, il venait à Lyon, pour fêter son anniversaire.
7 octobre 2006.
Premier bisou, un vrai fiasco 
Vi. et moi, ce fut d'abord une rencontre virtuelle. Quelque chose qui n'aurait certainement pas eu lieu en dehors de ce contexte là.
Le prolongement en est la réalité, la notre. Elle oscille entre distance et présence. La décrire serait fastidieux.
C'est pourquoi j'acheverai ici l'histoire de notre rencontre :)